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Compte-rendu Détour France
AOUT 2016

Le Détour France

Rédiger le compte rendu du Détour France n'est point chose facile. Transcrire une aventure de 11 jours et 20 heures d'efforts en quelques mots reste une tâche compliquée, en apporter une transposition précise est impossible tant les sentiments et les souvenirs ont été brouillés par la privation de sommeil. Certes, je me souviens de tout, je me souviens de tout ce que j'ai vu, dit, entendu, partagé, ressenti, je me souviens des détails et des généralités, je me souviens des moments agréables et des autres, je me souviens des moments de tension et des moments d'euphorie, je me souviens de mes sensations … mais je n'arrive plus à les ordonner systématiquement sur l'échelle du temps. Si la plupart de mes souvenirs restent attachés à des lieux, d'autres restent présents dans une brume vaporeuse et intemporelle. Plusieurs comptes rendus ont déjà été publiés dans la presse mais les anecdotes resteront pour les soirées d'hiver. Je me suis néanmoins livré au jeu de vos questions et je vous livre donc aujourd'hui mes réponses.

D’où vous est venue l’idée du Détour France? (Lara)

L’histoire est connue, véridique et attestable. C’est à l’occasion d’une discussion avec Michel W. sur l’inhumanité du Tour de France et de l’exploit incroyable de Chris Froome dans l’ascension de la Pierre-Saint-Martin en 2015 que l’idée de parcourir les routes du Tour de France est venue. Elle s’est peu à peu concrétisée mais a réellement pris forme à l’annonce du parcours officiel du Tour en octobre 2015. Le dossier sponsoring était prêt, il ne restait plus qu’à trouver quelques partenaires prêts à me soutenir puis à organiser la logistique correspondante.

Pourquoi fais-tu ce genre de challenge? (Bruno)

Depuis quelques années, mais surtout après deux années sur le challenge mondial d’ultra triathlon (IUTA) en 2013 et en 2014, j’ai souhaité m’échapper de ces courses organisées et de l’esprit de compétition qui leur est associé. L’idée d’accomplir mes propres challenges, d’en maitriser les paramètres m’est progressivement apparue comme une évidence. Cela n’exclut naturellement pas un retour éventuel à la compétition, mais je trouve dans ces challenges une importante source de dépassement individuel.

Le Détour France était-il l’affaire d’un homme ou d’une équipe? (Lara)

Deux concepts étaient envisageables à l’origine: une aventure en solo sans assistance ou une aventure avec une équipe d’assistance. C’est la seconde option a été retenue et j’ai ainsi pu bénéficier de l’investissement personnel de mes équipiers pour ce challenge mais aussi du support de mes partenaires et des bénévoles de l'association Justine For Kids.

Quel est le dénivelé enregistré et la distance réelle parcourue?

3.519 kilomètres et 49.000 mètres de D+ (source: Garmin)

Quelles sont tes moyennes horaires ? (Pascal)

Mes moyennes sont très variables selon les étapes, leur profil et mon état de fatigue. Mes moyennes en mouvement sont de l’ordre de 23 à 27 km/h en plaine et de 15 à 17 km/h en montagne. En prenant en compte l’ensemble des pauses et des arrêts, cela correspond à une moyenne de 12,39 km/h sur la totalité du parcours en additionnant les temps de pause et les temps de transferts entre étapes.

Comment as-tu réussi alors que de nombreux pros ne terminent pas le Tour? (Pascal)

L'effort est différent. Selon la manière de calculer, je pourrais être tout en même temps porteur du maillot jaune, du maillot vert, du maillot à pois (du maillot blanc?) et lanterne rouge du peloton. Chris Froome termine le Tour avec 89 heures de selle en 23 jours. Le dernier classé en 94 heures. Je complète le Détour France en 134 heures (temps de pause pendant les étapes compris) en 11 jours et 20 heures (étapes, pauses et transferts entre étapes compris) avec un temps de sommeil estimé à 30-35 heures au total.

Je n'ai pas eu à m'imposer sur les 3519 kilomètres un rythme qui n'était pas le mien. Alors certes, j'ai roulé sur routes ouvertes à la circulation, j'ai roulé sans protection d'un peloton contre les éléments, j'ai roulé sans assistance médicale, j'ai roulé de manière continue sans journée de repos … mais je ne suis jamais mis dans la zone rouge du, compteur. J'ai pris le temps de me reposer lorsque cela s'avérait nécessaire. J'ai pris le temps de m'alimenter lorsque j'en ressentais le besoin. J'ai pris le temps de dormir lorsque j'avais besoin de sommeil. Aucune échappée à contrer. Aucun point à aller chercher. Aucune contrainte de temps particulière si ce n'est celle que je m'étais fixée. L'important était donc uniquement d'avancer et comme le dit si sagement le dicton, "Qui veut aller loin ménage sa monture".

Au-delà de l'exploit, ce qui m'interpelle c'est la gestion des faibles temps de récupération et de repos. Peux-tu nous éclairer sur le sujet stp ? (Michel)

Je n’ai pas tenu de comptabilité précise de mes temps de sommeil et de repos. Mes temps de sommeil sont estimés entre 30 et 35 heures réparties sur les 12 jours, généralement sous forme de repos de l’ordre de deux heures pleines. Les temps de transferts ont aussi été mis à profit pour me reposer sur la banquette arrière du véhicule. Quelques siestes – d’une durée générale de 15 minutes sont aussi venues ponctuer les journées/nuits, en tant que de besoin et lors de l’apparition d’états somnolents (qui apparaissaient en règle générale dans les descentes de cols et accompagnaient la baisse de la stimulation musculaire). Ce rythme n’a pu s’établir de manière régulière qu’après deux jours/deux nuits après le départ. Il ne s’agissait pas réellement d’un cycle régulier mais plutôt d’un cycle calé sur le besoin en sommeil. Une constante néanmoins, mon long sommeil intervenait généralement entre une et deux heures du matin ce qui me permettait donc de repartir aux petites lueurs du jour.

Des temps de repos supplémentaires ont été respectés : des arrêts d’environ 10 minutes toutes les 4 heures lors de mes repas (parfois suivis d’une sieste) ou des pauses plus courtes après chaque difficulté, en haut des cols (changement de vêtements, changement de vélo).

Je souhaiterais savoir si tu t'es préparé en t'habituant les semaines précédentes à un temps de sommeil réduit? (Alain).

Non au contraire. J'ai essayé d'aborder le Détour France sans aucun déficit de sommeil. Les deux dernières nuits sont néanmoins restées courtes du fait des derniers détails pratiquesw à régler la veille du départ.

Êtes-vous suivi par un/des coach(es)? (Cyrielle)

Je reste mon propre coach. L'important est de se connaitre avant tout. J'établis moi-même mes programmes et charges d'entrainement que j'adapte ensuite à mes contraintes professionnelles et familiales. C'est aussi un principe de base que j'applique tout autant à moi-même qu'aux athlètes que je coache.

Quelle préparation physique demande un challenge de cette taille? (Lara)

Je mets d’abord en avant l’importance de la préparation mentale avant celle de la préparation physique. On ne peut s’engager sur un tel défi sans la volonté de le terminer et donc sans mettre tous les moyens de son côté afin de concrétiser. L’objectif ayant été fixé de longue date (une année à l’avance), il a fallu gérer et contrôler mon état de motivation tout au long de cette période et la ponctuer de périodes de préparation physique très spécifiques entrecoupées de périodes de récupération. Disposant de peu de moments libres entre contraintes professionnelles et familiales, cette planification de la préparation physique était primordiale. Chaque séance d’entrainement répondait ainsi à un objectif précis.

En sus de mon activité cycliste régulière (environ 15000 kilomètres par an), je me suis entraîné dur pendant 9 mois en alternant à la fois un travail de fond en endurance, un travail de puissance ainsi qu'un travail de vitesse. L'année a été ponctuée de séances de spinning (dont plusieurs marathons entre 4 et 20 heures), de quelques séances de musculation spécifiques et complétée par 3 stages d’une semaine chacun en moyenne et haute montagne.

Y-a-t-il également une préparation mentale? (Cyrielle)

Le mental est essentiel dans la réussite d'un tel défi. Je n'ai pas de préparateur mental. J'ai au cours de mes années de pratique sportive établi mes propres stratégies afin de me motiver et de me protéger en cas d'échec. Pendant l'effort, mon fonctionnement est simple. Il faut garder en vue l'objectif final - souvent éloigné - tout en restant concentré sur l'instant présent.

Avez-vous une diététique particulière ? (Cyrielle)

Ma diététique est assez simple. Elle est basée sur quelques règles strictes qui restent assez faciles à suivre: pas de cuisine industrielle, beaucoup d'aliments frais, naturels et non transformés, beaucoup de fruits et de légumes et des protéines. Je consomme très peu de sucres en dehors de périodes très spécifiques et ciblées avant et pendant la compétition.

Quel est ton régime alimentaire au préalable de l'épreuve ? (Pascal)

Il reste important de partir avec des réserves de glycogène au plus haut même pour une épreuve d’une telle durée. Je suis un régime dissocié dans les jours précédents : plusieurs jours de privation complète de toute forme de sucre (lents et rapides) avec un régime principalement à base de légumes/fruits/protéines ; puis à quelques jours du départ, au contraire un régime enrichi de sucres lents.

Quel est ton régime durant l'effort? (Sébastien, Pascal)

En termes quantitatifs, cela représente en moyenne 12.500 kcal par jour principalement sous forme de sucres rapides et lents, de graisses et comprennent une ration d’environ 150 grammes de protéines par cycle de 24 heures.

  • Barres énergétiques et/ou protéinées Etixx: 220 (environ 32.000 kcal)
  • Gels: 2 (200 kcal)
  • Repas lyophilisés (riz/pâtes) ou repas frais: 54 (environ 32.400 kcal)
  • Boissons: 84 litres d'eau sous forme de boissons isotoniques/énergétiques/protéinées Etixx (environ 25.200 kcal), 28 litres de jus de raisin (environ 19.000 kcal), 28 litres de jus de pomme (environ 13.000 kcal).
  • Autres: 11 boissons de récupération Etixx (environ 5000 kcal), 3 colas, 3 glaces, 2 pizzas, 4 kg de bonbons divers (ceux pour les grands et les petits avec un principe diététique simple: ne jamais mélanger les couleurs des bonbons entre elles - environ 17.500 kcal), 2 litres de café, 1 boisson qui donne des ailes.

Peux-tu nous parler de la douleur éprouvée et comment la gères-tu? (Georges) As-tu fait l'objet d'un suivi médical durant tous ces jours? (Alain)

La gestion de la douleur (et de l’effort) est très différente sur le Détour France de la gestion d’une compétition. L’objectif principal du Détour France était de franchir la ligne d’arrivée dans un délai « raisonnable » et donc uniquement de me battre contre moi-même. L’objectif étant d’arriver, je me suis donc très rarement fait mal au plan cardiaque et musculaire. J'ai néanmoins dû composer avec quelques maux du séant (traités localement avec une pommade adaptée) ainsi qu'avec une gêne tendineuse près de la rotule (traitée avec quelques massages et deux comprimés antidouleur et l'abaissement de ma hauteur de selle de quelques millimètres). Je n'ai donc pas eu besoin d'un suivi médical particulier durant le Détour France.

Quelles ont été tes fréquences cardiaques? Quel était ton poids au départ et à l'arrivée? Combien de jours pour arriver à une récupération complète? Blessures post effort? (Alain)

Je n'en ai aucune idée précise. J'ai parcouru le Détour France aux sensations car un contrôle de la FC sur une telle distance ne m'aurait rien apporté. J'ai donc uniquement basé mes efforts sur mes sensations musculaires, l'objectif étant d'économiser mes quadriceps et ischios pour 3519 kilomètres et 39.000 mètres de D+. J'estime avoir très rarement dépassé les 85% de ma FC max (>140 pulses).

Mon poids à l'arrivée est resté le même que celui de départ mais par contre avec un important changement de composition en masse grasse (11% au départ contre 8% à l'arrivée).

Il reste difficile d'estimer le temps de récupération nécessaire. J'ai repris le vélo quelques jours après l'arrivée (à un rythme de facteur faisant sa tournée) mais il me faudra plusieurs semaines pour récupérer de l'effort (c’est-à-dire retrouver la capacité de renouveler une performance à niveau égal).

Pour les blessures post effort, je dois encore composer avec une petite gêne au niveau rotulien mais rien de sérieux a priori sous réserve du repos nécessaire.

J'aimerais en savoir plus sur ton vélo. En as-tu utilisé plusieurs selon le profil du terrain ? Quels étaient tes braquets pour les étapes de montagne? (Nathan)

J'ai utilisé deux vélos selon le profil du terrain.

Le premier est un ORBEA Avant M20ID, équipé de freins à disques, d'une transmission Shimano avec changement de vitesses électrique Shimano Di2, de roues carbones Stan's ZTR Avion Pro 700 montées avec des pneus IRC formula Pro light 700x25 Tubeless avec un sealent Notubes. Ce premier vélo a été réservé aux profils plats et pour les descentes de cols.

Le second vélo est un ORBEA Orca M20 (Cofidis), équipé d'une transmission SRAM, et de roues Alpha 340 montées avec des pneus IRC Formula Pro Light 700x23 Tubeless avec un sealent Notubes. Un vélo beaucoup plus léger (pesé à 6,8 kg en équipement complet) a été réservé aux ascensions en montagne.

Ces deux vélos ont été équipés en braquets identiques avec un 50x34 à l'avant et un 11x32 à l'arrière (en 11 vitesses).

Tu as déclaré un jour avoir eu un problème mécanique. Que t'est-il arrivé? (Pascal).

Aucune crevaison sur 3519 kilomètres et un seul ennui mécanique sur un roulement de moyeu de roue arrière. Il s’est usé et progressivement bloqué sans que je m’en rende réellement compte sur une étape de plat face au vent. Ce que j’ai pris tout au long de la journée pour un manque de jambes n’était en fait qu’une plus grande résistance de friction … Quelques minutes de perdues mais qui néanmoins ne représentent rien par rapport à la durée du Détour France.

Pourriez-vous nous expliquer 3 moments qui ont marqué votre aventure? (Cyrielle)

En premier lieu, le départ du Détour France en présence de 12 enfants malades qui ont eu le plaisir de donner mon départ, mais aussi celui de découvrir le Mont Saint-Michel, les plages d'Utah Beach, la Normandie. C'était un moment fort chargé de sens et d'émotion. En second, ce sont à la fois les parcours et certains paysages de France mais peut-être surtout le soutien et les supports divers que j'ai reçu tout le long de la route. Enfin, franchir la ligne d'arrivée ou plutôt les moments qui précèdent ce moment, celui où l'on comprend que plus rien ne peut arriver alors que l'objectif final est en vue.

Quelle fut l’étape la plus éprouvante physiquement et mentalement ? (Pascal)

L’étape Bourg-en-Bresse > Culoz a été l’une des plus surprenante. D’un abord facile qui annonçait en fait une succession de cols de plus en plus élevés et un final avec l’ascension assez grandiose du Grand Colombier (Col hors catégorie de 1501 m, avec 12,8 km à 6,8%), sa descente, puis une nouvelle ascension partielle par les lacets du Colombier avant de replonger vers Culoz. Mentalement, je n’ai pas connu de longs moments de découragement. Peut-être quelques moments de lassitude dans l’étape Carcassonne > Montpellier, où j’ai découvert ce que signifiait « étape de transition » avec de longues lignes droites interminables.

Quand tu te retrouves seul sur ton bike, sous la pluie, dans un effort important et fatigué, quelles pensées as-tu pour tenir? (Bruno)

A quoi avez-vous pensé ces 11 derniers jours? Difficile de répondre à une telle question avec précision. La réponse est simple: à tout sur le moment présent et à rien de précis en général. A l'hier, au présent et au lendemain avec un focus important sur l'immédiateté, sur l'étape en cours, sur son profil, sur l'étape suivante afin de doser l'effort du moment, sur le Détour France, sur ma vie, sur la vie …

La pluie, le vent, la chaleur ne sont que des éléments qui rendent parfois le moment présent un peu plus difficile pour lesquels il convenait de faire abstraction. Ces mauvais moments sont rapidement effacés par d'autres, meilleurs. La difficulté d'une montée s'efface par le plaisir et la concentration nécessaire par la descente.

Mon approche est restée simple: garder un focus sur l'objectif des 3.519 kilomètres tout en restant concentré sur le moment présent. Mon approche reste simple, je découpe … 3.519 kilomètres, 21 étapes, 28 cols ou côtes et arrivées en altitude classés en deuxième, première ou hors catégorie, une borne hectométrique dans un col, un virage, un coup de pédale. Un tour de pédale dans un passage à 15% de dénivelé en 34x32 représente 2,27 mètres. Ce sont donc 2,27 mètres en direction de l'objectif.

As-tu pensé abandonner? (Bruno)

J'ai rencontré des difficultés, j'ai parfois du poser pied à terre dans certaines pentes, j'ai souffert de la chaleur, de la pluie, d'orages, je me suis parfois battu contre le vent, j'ai eu mal aux jambes, souffert de frottements sur la selle, mais rien de suffisamment contraignant pour diminuer ma motivation.

Une envie d'abandonner, franchement? Oui, cela a duré quelques minutes, quelques heures tout au plus, dans une étape des Alpes. Rien à voir avec une quelconque douleur physique, rien à voir avec une baisse de régime ni de motivation, mais seulement une grande lassitude accompagnée de grands moments d'exaspération devant l'attitude de certains membres de mon équipe support. Ce facteur a compliqué l'aventure mais n'a cependant pas enlevé ma motivation. Dussé-je continuer Koh-Lanta en autonomie complète, je devais continuer l'aventure. Le ciel s'est éclairci, l'orage est passé, j'ai serré les dents en pensant aux kilomètres parcourus, à ceux restant à parcourir, aux raisons du Détour France et je me suis dit que je terminerai, …

Pourriez-vous nous décrire le sentiment que vous avez eu une fois la ligne d’arrivée franchie? (Cyrielle)

Un simple sentiment du fait accompli, la satisfaction personnelle d'avoir atteint l'objectif que je m'étais fixé mais aussi une certaine forme de délivrance.

Y-a-t-il pas au retour d'un tel effort, une "descente", un manque, un dur retour à la réalité de tous les jours? (Martin)

Le Détour France est un tout. Il y a eu l'avant pendant une année pour la préparation physique, mentale, logistique et médiatique avec des moments d'intensité, d'incertitude et de stress.

Il y a eu le pendant, vécu comme une sorte d'aboutissement et de réussite du projet Détour France.

Il y a maintenant l'après durant lequel il faut gérer le manque d'endorphines dans le sang tout en essayant de faire perdurer l'euphorie et la sensation d'achevé. J'analyse ce qui a fonctionné. Je reconsidère les aspects qu'il aurait fallu améliorer. Je revois certains choix et certaines décisions. J'intègre ces nouveaux acquis afin de pouvoir les projeter dans un défi futur. Je dresse la liste des possibles et des probables. A ce stade, pas de syndrome de dépression post sportem … Clark Kent est retourné soigner son trouble dissociatif d’identité en allant pointer à son bureau le lendemain de son arrivée à Paris.

Quel impact ce genre de challenge a-t’il dans votre vie quotidienne? (Lara)

Cela tient du syndrome Clark Kent. Rien ne change au quotidien. Seuls quelques initiés partagent le secret. Plus sérieusement, de tels challenges m’apportent une relative satisfaction, une sensation d’accomplissement personnel, une sérénité et une certaine réserve dans mon comportement. Cela m’enrichit et devient partie intégrante de moi-même.

Quels seraient vos conseils aux jeunes sportifs envieux de réaliser de telles aventures? (Cyrielle)

Que la prudence est de mise afin de ne pas se mettre en danger et que l'apprentissage de soi est une étape nécessaire avant de se lancer dans un tel défi. S'il ne faut pas surestimer ses capacités physiques, la construction progressive de ses capacités mentales est une étape longue mais nécessaire pour gage de réussite.

A quick question from the UK. What brand of underpants did you wear on the Détour? (Simon). Never use underpants J

Depuis quand soutenez-vous l’ASBL Justine For Kids ? Pourquoi cet engagement caritatif ? (Lara)

Je soutiens la cause des enfants malades (et de leurs familles) depuis 2009. En 2014, j’ai souhaité réaliser le X Challenge (un ultra triathlon de 76 kilomètres de natation, 3.600 kilomètres de vélo et 270 kilomètres de course à pied) au profit de l’association Justine For Kids. L’association pour le Détour France en 2016 s’est faite naturellement et je reste heureux d’avoir pu porter les couleurs de l’association Justine For Kids. Cela reste une grande source de motivation et donne du sens à mes défis inutiles.

What is your next challenge? (Alan). To kick your ... !!!

Savez-vous déjà quel sera votre prochain challenge ? (Lara) A part relier Bobo-Dioulasso à Hô-Chi-Minh-ville en sautant à cloche-pied les mains dans le dos, y-a-t-il un rêve qui puisse encore te "faire peur"? (Bruno)

Evidemment et je dirais presque heureusement. J’ai une longue liste de possibles et une liste (un peu plus courte) de probables, reste à savoir si j’aurai les moyens, le temps et encore la motivation de rêver mes rêves éveillés. Il faudra ensuite voir ce que je trouverai au pied du sapin afin de financer de nouvelles aventures. Je reste un sportif amateur avant tout. Un éventuel retour à la compétition n'est pas à exclure mais en attendant je dois retrouver la motivation nécessaire pour tondre ma pelouse.

Et pourquoi ne pas faire un challenge sportif pour des enfants mais surtout avec des enfants malades et montrer au monde qu'avec volonté, bienveillance, écoute et partage tout est possible pour dépasser les limites et ouvrir un chemin vers la vie? (Joëlle)

Cela me semble en effet un très bon concept et donc une affaire à suivre et à développer ...

Remerciements:

Je tiens à remercier les sociétés Créaset, Orbea, Sabma, Etixx, Capturs, Trakks, Megabike, Delhaize, JnJoy, Automotive Tienen, Go Move, CL Design, Mojibands; ainsi que la pharmacie Anciaux qui ont rendu cette aventure possible par leur support financier et logistique.

A titre personnel, mes remerciements s'adressent plus particulièrement à Patrick, Xavier et Karine; Bernard et Simon; Olivier et Vincent; Pascal, Julie et les membres de l'équipe Etixx Quick Step; Ludovic et Arnaud; Christophe; Brigitte et Paul; Pierre et Cyrielle; Pol; Christian et son équipe; Céline; Nele et Olivier; Daf; à mes équipiers, à Michel pour son idée, à Martin; à tous ceux qui m'ont soutenu durant le Détour France par le biais des réseaux sociaux ou en m'accompagnant quelques kilomètres, à Joëlle, Lara, Violette et l'ensemble des bénévoles de l'association Justine For Kids que je ne peux nommer ici et surtout à l'ensemble des donateurs qui ont soutenu les différents projets caritatifs.

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