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Deca Iron Italie, un pack de 6 svp...
OCTOBRE 2013

Six. Le compteur restera donc bloqué à six.

Six Triathlons Longue Distance (Iron.) complétés en 6 jours (11:57 - 11:45 - 12:06 - 12:34 - 14:45 - 15:45) et deux tentatives infructueuses pour améliorer la marque. Le froid et la dépense calorifique auront eu je crois raison de toutes mes meilleures intentions. Si les bienfaits de la cryothérapie sur la récupération et la performance musculaire ne font aucun doute et ont été à ce titre pleinement appréciés, ce bain frais de 3800 mètres tous les matins dans une eau à 17°C augmente insidieusement la dépense énergétique. Le septième jour a été particulièrement difficile. Malgré le maillot de bain "thermique", une seconde couche de néoprène sous la combinaison de natation et de l'eau chaude régulièrement versée dans la combinaison, j'ai péniblement pu terminer ces 3800 mètres. Impossible de respirer après 3000 mètres. Presque une crise d'asthme. L'impression de ne pouvoir respirer qu'avec un demi-poumon. J'ai dû terminer cette session au mental en marchant péniblement les 500 derniers mètres dans cette piscine avec cette respiration de souffreteux. Le staff médical insistait pour me sortir de l'eau. Heureusement, Georgio Alessi m'a donné la possibilité de terminer car malgré ces difficultés je gardais le contrôle et la raison. S'en suit une transition assez lente de 3/4 d'heure, sous une douche chaude, en mangeant des pâtes afin de récupérer le maximum de calories.

Le départ en vélo est poussif. La température extérieure est de 12°C. Je n'ai aucune douleur dans les jambes mais les forces ne sont plus là malgré une alimentation glucidique plus que régulière. 4 heures d'efforts et c'est déjà le coup de fringale. La vitesse tombe à 14 km/h. Moins vite tu tombes. 4 heures pour parcourir 80 km. Je décide de m'arrêter, de m'alimenter de nouveau et en consultation avec mes équipiers support, je pars m'allonger et réfléchir. Une demi-heure. Je reviens, ma décision est prise. A ce rythme, il me reste encore 5 heures pour terminer le vélo et autant pour boucler le marathon à l'arraché, soit une arrivée vers 2 heures du matin. De quoi fortement compromettre un nouveau départ à 7h45 le lendemain. Banco. Je prends la décision de poser le vélo et de me reposer afin de mieux repartir.

C'est donc avec un peu d'appréhension que j'aborde le 8ème jour. L'eau reste à 17°C. La température extérieure est tombée à 10°C. Il pleut ... Le départ est donné. Personne n'est encore dans l'eau. Je me jette. L'eau froide rentre dans la combinaison. Il me faut 50 mètres pour parvenir à mettre le visage dans l'eau. L'organisation à décider de réduire la distance à 3000 mètres pour des raisons de sécurité. J'en parcoure 2200 régulièrement entrecoupés de pauses pour ajouter de l'eau chaude dans la combinaison, boire un thé et même sortir de l'eau pour regagner des calories. Je n'en peux plus. De nouveau je ne peux plus respirer. Je tente la brasse, puis de nouveau la marche à pied. Je regarde le ciel nuageux. Je tremble dans l'eau. Je ne peux plus avancer et même si j'arrive à me motiver pour terminer je comprends alors que les conditions extérieures encore moins favorables que le jour précédent me promettent une journée d'enfer. La journée de récupération n'aura donc pas suffi. Je jette l'éponge; sors de l'eau et marche péniblement vers la douche chaude. Une grosse déception mais pas vraiment de regret. J'aurai essayé.

L'aventure avait pourtant bien commencé. Je partais en Italie confiant, reposé, sans pression aucune si ce n'est de me tester sur un tel challenge et d'évaluer mes limites. Presque une session d'entraînement ou du moins un test en préparation du X Challenge 2014. J'étais heureux de retrouver les compagnons (d'infortune) de ma grande famille ultra. Je partais avec cinq équipiers qui se relaieraient tout au long des dix jours. Rien n'avait été oublié au niveau logistique. J'étais serein et reposé.

11h57 - J'aborde le premier jour avec un objectif simple. Marquer la partie vélo de mon empreinte et en garder largement sous le pied pour la course. Je sors quatrième de l'eau, mais une transition plus qu'efficiente me permet d'aborder le circuit vélo en tête. J'y écrase la concurrence et boucle les 180 kilomètres en 5 heures dix minutes avec une agréable impression de ne jamais avoir abordé la zone lactique. Je pose logiquement le vélo en première position et je pars trottiner tranquillement. Matej Markovic (Slovénie) me rejoins. Il donne du rythme à la course et me prends régulièrement des tours. Je laisse faire. L'épreuve est longue et je sais que c'est à la fois une épreuve physique, une épreuve d'endurance extrême et une épreuve mentale. Je ne me prends pas à ce jeu. J'observe, je laisse faire, je me contrôle. C'est peut-être le jeu du lièvre et de la tortue. Pari dangereux, qui peut savoir à ce stade de la compétition?  Une heure vingt-cinq minutes de retard à l'arrivée. Je suis quatrième. Thierry Delhaye (France) s'est intercalé devant moi à trente-cinq minutes et Beate Knechtle (Suisse) à cinq minutes.

11h45 - Le scénario est quasi identique le second jour. Je pousse un peu moins en vélo, pose en 5 heures 30 toujours en tête et de nouveau je laisse Matej s'envoler. Cinquante minutes de retard cette fois mais j'arrive 3 minutes avant Thierry et trente minutes devant Beate. 11h45.Derrière nous les écarts se creusent.

12h06  -Troisième jour. Toujours cette même dynamique de course. Je pousse un peu moins sur le vélo. Je vois Matej boitiller au fil des tours à pied. J'accélère un peu pour le tester. Il me double de moins en moins régulièrement sur ces boucles de 800 mètres. Il a dû remarquer que j'avais remarqué sa faiblesse. Peu de chances de se cacher sur un tel parcours. Il m'annonce que son tendon d'Achille est fortement enflammé et qu'il va certainement abandonner. Je n'en crois pas un mot. Je l'ai surnommé Mister Khan, ce serpent hypnotiseur du livre de la jungle. L'intox fait partie du jeu. Je lui souhaite de bien récupérer durant la nuit. Matej est un compétiteur que j'apprécie sincèrement. Nous nous portons un respect mutuel depuis notre dernière course en Slovénie et ce serait un grand regret de le voir partir. J'apprécie cette concurrence franche, honnête et régulière. C'est au tour de Thierry de prendre la victoire du jour.

12h34 - Quatrième jour: coup de tonnerre avant le départ. Matej est au bord de la piscine en tenue de ville. Il abandonne. Je suis heureux de gagner une place au classement sur tapis vert mais tellement déçu de cette décision. J'ai à la fois honte de me réjouir de gagner une place au classement mais cela me convainc naturellement dans ma stratégie de course. Je franchis la ligne derrière Thierry. Je n'ai toujours pas l'impression de pousser mes limites. Je reste dans une zone d'effort de confort. L'avantage de ces temps régulier m'assure en effet  un temps de récupération optimum. Tout va bien, tout semble sous contrôle. Thierry reste en première position mais j'ai encore l'impression de ne pas avoir puisé dans les réserves. Les sensations de bien être sur le vélo et pendant la course à pied déclinent doucement mais je ne ressens aucune douleur anormale, je n'ai aucune blessure, juste une ampoule à un orteil. Je profite de l'après course pour une bonne douche, je m'enduis de pommade de récupération et j'utilise à profit les produits HyperIce® pour soulager les quelques douleurs résiduelles.

14h45 - Cinquième jour: première journée difficile. Je boucle cette fois à la peine. Le Suisse Beat Knechtle me prends deux heures sur la journée, Thierry me prends une heure vingt minutes. Je perds ma seconde place. Forcément, mon temps de récupération en est affecté. D'autant plus affecté que je n'arrive pas à m'endormir. Il est 2 heures du matin quand je trouve enfin le sommeil.

15h45 - Sixième jour: le réveil est difficile. J'avale mes deux œufs durs, mon gâteau énergétique et mon café. Je me jette à l'eau à 7h45. La température me saisit. Nouvelle journée de souffrances. Je perds encore deux heures sur Beate. Thierry est lui aussi à la peine. Nous souffrons tous de la perte calorique dans une eau très froide. La météo italienne est devenue plus qu'automnale. Le thermomètre extérieur tombe autour de 12°C dans la journée. Thierry abandonne avant même de s'élancer sur le marathon. De nouveau je repasse en seconde position, toujours avec ces mêmes sentiments mêlés de gêne pour ces abandons et de bonheur quand à ma stratégie même si celle-ci commence sérieusement à s'entamer avec ces temps de course de plus en plus longs. J'accroche au moral: la bascule est faite. Plus de la moitié; Encore quelques jours de ce régime et j'espère pouvoir lâcher la bride.

DNF - Septième jour ... Encore une nuit difficile à tourner pour trouver le sommeil ...

DNF - Huitième jour … J'arrête les frais. Je suis désormais résigné. Vous connaissez déjà la fin.

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