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Ironman Karntern, Austria
JUILLET 2011

Une nouvelle étape vient d'être franchie avec succès dans le cadre de ma préparation de l'Ultraman UK en septembre prochain et le triple Iron USA en octobre. Je franchis en effet la ligne d'arrivée de Klagenfurt après 10h06 d'efforts améliorant ainsi mon record personnel de plus de 40 mn. Ce circuit est certes réputé rapide mais c'est surtout grâce à un bon marathon, couru presque de bout en bout, que je frôle la barre des 10h00.

Mon temps natation reste conforme à mes précédentes expériences malgré toute l'intensité portée à l'entraînement sur cette discipline. Une seule vague de départ avec 2800 nageurs cela bouscule naturellement un peu. N'étant naturellement pas dans le peloton de tête, je nage dans un paquet avec juste assez de place pour tendre les bras, un nageur à gauche, un à droite, un devant, un derrière ... Aucune difficulté de navigation dans de telles conditions: il n'y a qu'a suivre le mouvement. Un simple écart et une petite claque vous ramène tout de suite dans le droit chemin. L'espace vital se réduit encore aux virages des bouées et je dois alors abandonner le crawl pour passer à un mouvement de nage beaucoup moins académique mais néanmoins adapté à l'hostilité du milieu: la nage en "petit chien", tête hors de l'eau et mouvements de moulinets avec les avant bras. Après 3000m, un dernier goulet d'étranglement avant de s'engager dans un petit canal de 6m de large. Des spectateurs sont massés de chaque coté du canal et tentent de reconnaître leur(s) favori(s) au milieu de ce grand banc de saumons en migration vers l'aire de transition.

Après 1h05 pour ces premiers 3800m, réadaptation à la station verticale et direction en courant vers l'aire de transition. 5mn 20s pour tomber la combinaison de natation en néoprène et ajuster le casque vélo chrono. Direction la porte de sortie le vélo à la main pour enchaîner avec les 180 km du parcours.

Ils se divisent en 2 boucles avec 3 bosses à franchir 2 fois comme simples difficultés. Le parcours est réputé rapide, je caresse ainsi l'espoir d'y accrocher enfin un temps en dessous de 5 heures, soit un 36 km/h de moyenne. Mon compteur kilométrique est donc calé sur ce paramètre: tout ce qui reste au dessus de 36 reste bon à prendre. Les bosses s'enchaînent à un rythme contrôlé car si l'objectif d'un bon temps vélo serait apprécié, il faut tout de même garder des réserves pour le marathon à suivre. L'objectif est largement atteint lorsque vers le 130ème kilomètre je rattrape un peloton d'environ une trentaine de coureurs. Je l'accroche, je le dépasse mais certains problablement piqués au vif prennent ma roue et me dépassent à nouveau. Impossible de s'extraire quand soudainement surgi de nulle part un arbitre se porte à mes cotés sur son scooter, me pointe du doigt et me montre un carton noir !!!

6 mn de pénalité à purger pour drafting alors même que je m'évertuais à m'extraire de ce p. de peloton. D'autant plus injustifié que je suis le seul à prendre une telle pénalité au sein du groupe alors qu'à ce compte ce sont les trente qui l'auraient méritée. Baisse de cadence avec en plus le stress de rater la penalty box ce qui me vaudrait alors, je le crois, une disqualification complète. Sérieux coup au moral devant ce que je considère comme une décision arbitraire !!!

Je rumine longuement quand "enfin" surgit la penalty box, comme une délivrance. 6 mn en case prison. J'en profite pour me substanter au poste de ravitaillement situé à quelques mètres, discute avec d'autres délinquants de la route ... Bref 6 mn interminables qui passent tout compte fait relativement vite, surtout quand on se refuse à regarder les autres concurrents passer, puis nouveau départ, plus frais et dispo, avec cette fois une moyenne tombée dans les 35 km/h. Relances, accélérations, position aéro ... la moyenne remonte doucement puis une grande descente avec virage à gauche, vitesse trop élevée, coup de frein ... la roue arrière qui chasse sur la ligne blanche. Deux alternatives: soit la glissade sur le bitume, soit un tout droit dans le bas-coté. N'étant pas fan des chutes, je choisi la seconde solution qui présente l'avantage certain de retarder l'échéance. Gravier, bande enherbée, le fossé tout près ... et retour chaotique sur la route. Pas passé loin ... Bon maintenant on va rentrer tranquillement au parc à vélo en déroulant les 30 derniers kilomètres et on fera le fou sur le parcours marathon, c'est moins risqué. Dépôt du vélo après 5h04. Les 5 heures seront donc pour la prochaine fois. Ah cette pénalité de 6 mn !!!

Nouvelle transition, vélo parqué, dépot du casque, échange des chaussures vélo avec celles de course à pied, casquette et c'est de nouveau parti pour 42 km. Je pars relativement frais et enchaine facilement les premiers kilomètres. La gestion alimentaire sur le vélo a été bonne, pas de nausées: le 80% gel énergétique - 20% barre énergétique, est un ratio à conserver sur cette distance. Coup de chaud au 7ème kilomètre. Je décide de marcher un peu afin de faire retomber les pulsations cardiaques de 150 à 120. 200 m de marche. Inscription au sol: "If it hurts, smile ...". Allez c'est reparti maintenant, c'est fou à quoi l'on peut se raccrocher dans de tels moments.

Les kilomètres s'enchaînent dès lors à un rythme régulier. Deux allers-retours de 21 km. Je calcule mon estimation du temps d'arrivée, puis la recalcule encore et me dis qu'un sub-10 est encore possible et que je pourrais ainsi reprendre le retard pris sur le vélo. Les kilomètres s'enchaînent, je déroule sur le même rythme jusqu'au 40ème kilomètre juste avant de rencontrer le fameux mur du marathonien ... à deux kilomètres de l'arrivée. Marche à pied sur 500 m et puis au moral, plus que 10 minutes d'effort avant la ligne. Mon record personnel sur la distance Ironman sera de toute façon battu: 10h06. Waow!!! Grace à un marathon en 3h46 presque couru de bout en bout. Les sorties longues à l'entraînement ont porté leurs fruits. Les efforts sont enfin récompensés, la préparation a été bonne, le test est réussi. Il est de bon présage pour la suite de la saison mais pour l'instant je savoure avec grand bonheur le résultat du jour.

Merci aux collègues du club de Namur présents sur place pour leurs encouragements et leur soutien logistique et special thanks à Marceau qui accompagnait son papa et pour tout son enthousiasme de jeune supporter ...

Place maintenant à la récupération active avec la famille sur la cote Dalmate: nage dans l'Adriatique, vélo en semi-montagne et reprise de la course à pied dans une quinzaine de jours.

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