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Long time no ‘’sea’’
AVRIL 2015

Long time no ‘’sea’’

Se retrouver cloué au sol comme un oiseau sans ailes, être comme un Petit Prince en rêve d’aventures enchaîné à un boulet, reconstruire puis abandonner ses plans les uns après les autres …

Cela fait maintenant cinq mois que je traîne une enthésite au tendon d’Achille. Pour faire simple, une inflammation aigüe du tendon au niveau de son insertion osseuse. Du repos, de la mésothérapie, de la kinésithérapie ... mais des douleurs qui réapparaissent encore après seulement quelques kilomètres de marche à pied. Une petite excroissance osseuse irrite le tendon. La thérapie s’impose maintenant d’elle-même mas le diagnostic immédiat est simple : plus de course à pied (pour le moment). L’Ultra-triathlon est mort. Vive l’Ultra.

Il était donc temps de remettre du positive spin à cette année 2015. A nouvelles conditions, nouveaux objectifs : ce sera la traversée de la Manche, ou plutôt une tentative de traversée de la Manche. ‘Another tick in the box’. Quelque chose qui m’attire depuis plusieurs années (N’est-ce pas Benoit ? Tu te souviens de cette conversation tenue le 5 septembre 2011 lors du double marathon de l’Ultraman UK?) . Les renseignements sont pris. Il faut s’y prendre plusieurs années à l’avance car la traversée est limitée et strictement encadrée par deux fédérations anglaises. Les autorités françaises interdisent quant à elles toute traversée au départ des côtes. La liste d’attente est longue. Je lance néanmoins quelques hameçons. Pêche miraculeuse : il reste un slot pour 2015 entre les 22 et 29 juin. L’eau est naturellement plus fraîche en début de saison … mais je me jette à l’eau.

‘Rien de grand n’est facile’ selon le capitaine Matthew Webb. Soit. Marchons alors dans ses pas ou plutôt nageons dans son sillage. L’aventure comporte quelques risques : 34 kilomètres entre Shakespeare Beach et les côtes françaises, auxquels il faut ajouter la dérive des courants, les eaux froides, une mer potentiellement agitée, deux couloirs maritimes avec plus de cinq-cents porte-conteneurs et pétroliers par vingt-quatre heure à traverser, le mal de mer éventuel et l’eau salée …

Michael Oram avec son escort boat ‘Le Gallivant’ sera mon pilote. Il compte plus de 600 traversées à son actif. Dan Earthquake (Coldwater culture) et Eddy Ette (Enduroman) seront membres de mon équipe. Dan et Eddy sont notamment les organisateurs de l’Enduroman Arch to Arc triathlon, un petit triptyque donc la partie natation comprend la traversée de la Manche. Dan a effectué la traversée par trois fois : une fois en solo et deux fois en relais. Tanya et Céline viennent la compléter. Tous sont enjoués du projet. L’équipe est constituée. C’est une équipe expérimentée, sur laquelle je pourrais compter. Elle me dédouane presque totalement de tout souci logistique. Il ne me restera plus qu’à me concentrer sur mes mouvements de bras.

Je vais de nouveau pouvoir mettre le corps et l’esprit à leur limite pour en découvrir de nouvelles. Pousser un peu mes rêves, mais comme souvent en ultra, l’important reste le chemin. La destination est insignifiante. Il faut traverser, espérer que la dérive des courants vous pousse jusqu’aux plages de Cap Blanc Nez ou Cap Gris pour un amerrissage sableux préférable à un éperonnage rocheux plus au sud. L’objectif sera de toucher des doigts la côte française avant de remonter sur le bateau pour un retour en Angleterre. Une dizaine d’heures dans un océan certainement houleux, à suivre mon bateau-pilote avec seulement quelques contacts avec mes équipiers à l’occasion des ravitaillements jetés à l’eau comme des bouteilles à la mer. Une dizaine d’heures de froid et de sel.

Une belle aventure se profile, et comme souvent, les rencontres le long de ce chemin sont déjà belles.

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