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Triple Ultra Lensahn, We are back !!!
JUILLET 2013

43h32 et une dixième place: voici le bilan chiffré du triple ultra triathlon de Lensahn. Je reviens du Diable Vauvert car après une bonne natation en 3h27 pour 11,4 km et un vélo en 18h27 pour 540 km, je m'écroule de nouveau en course à pied tout proche de l'abandon. Les 30-35°C de la seconde journée ont progressivement eu raison de ma motivation.

Le départ est donné vendredi à 7h00, après une bénédiction Pastorale surprenante délivrée sur un fond sonore d'ACDC. Je pars sur les premiers 3,8 km sans de bonnes sensations. Je me sens en dessous du rythme, endormi, et je me fais régulièrement dépasser sans réelle possibilité d'accrocher des pieds qui me permettraient de nager à l'économie. Je boucle ces premiers 3,8 kilomètres en 1h07 et décide de maintenir ce rythme. 1h08 pour les seconds. 1h09 pour les troisièmes. Il était temps. Les bras commençaient quelque peu à fatiguer. Je sors de l'eau en 8ème position et après une transition assez rapide, je pars en chasse avec l'idée bien précise de reprendre le leadership.

Les premiers 180 kilomètres sont bouclés en 5h20. Je remonte progressivement le classement et prend finalement la tête après 200 kilomètres. La chasse continue derrière moi. Les trois premiers se tiennent pratiquement dans le même tour. Je décide de relâcher un peu l'effort et d'en garder sous le pied. 11h31 aux 360, arrêt au stand compris pour l'installation des lumières pour la partie nocturne et le dîner. La moyenne continue encore un peu à chuter avec la nuit tombée. Je pose le vélo après 18h27 en troisième position à 45 minutes du leader.

Il est près de 5 heures du matin. Je m'arrache de ma chaise et je m'élance avec une bonne foulée pour mon premier marathon. Les 30 premiers kilomètres sont avalés tranquillement en 3 heures mais peu à peu le rythme baisse à mesure de l'augmentation de la température. Après 60 kilomètres, je marche en vacillant, à un rythme de promeneur du dimanche. J'ai déjà perdu 7 places au classement. Je touche le fond. Mon équipe support décide de m'arrêter avant que je ne m'écroule. A ce rythme je ne passerai jamais la ligne d'arrivée dans les temps limites. Deux options: continuer à ce rythme en espérant repartir ou s'arrêter et espérer relancer la machine. La seconde option est retenue. Je m'écroule de sommeil au frais. Mon équipe support me réveille après une heure. Un Red Bull et je me sens de nouveau des ailes. La température a quelque peu chuté et je repars en trottinant. J'ai perdu trois places et je suis maintenant treizième.

Des nuages noirs commencent à monter. J'espère et la pluie libératrice arrive!!! Et quelle pluie!!! Des flaques de plus de 20 centimètres se forment sur le parcours. La grêle me frappe le crâne. Un parasol s'envole devant moi. Je suis presque seul en course. Je reprends du rythme pour 6 kilomètres et je refais mon retard. Je reprends ma dixième place. La pluie s'est maintenant arrêtée mais des mares d'eau persistent encore sur le parcours. Les vêtements mouillés commencent à m'irriter. J'attends la marée basse et pars me changer intégralement afin de repartir au sec. Derrière moi la chasse s'organise de nouveau. Une place est une place. Mon équipe support me rassure mais je sens bien que je perds du terrain. Le onzième me reprend un tour. Il ne m'en reste plus qu'un d'avance et encore 16 à boucler. C'est le moment de sortir le grand jeu. A ce stade de la compétition, il faut encore garder la motivation. Un top 10 est toujours mieux qu'un top 11. C'est donc parti pour une bonne séance de fractionnés.

La moyenne au tour augmente et je reprends de l'avance. L'effet est je pense aussi perturbant pour mes poursuivants. Je marche dans les montées et reprends la course de plus belle ensuite. Je double. J'accroche un autre concurrent qui vient de rentrer sur le circuit. Je baisse la tête, regarde ses pieds pendant un tour, le remercie et pars de nouveau en trombe. J'ai repris deux tours d'avance. Mon poursuivant est maintenant à quelques dizaines de mètres devant moi. Je temporise, observe, et je dépasse ...  Je gère maintenant en footing mes 5 derniers kilomètres. J'apprécie la solitude de l'avant dernier tour et prends le temps de faire le vide. On me tend le drapeau et l'équipe support me rejoint pour mon dernier tour à contresens. L'ensemble des concurrents me salue et je les encourage en retour. 22 minutes pour 1,3 kilomètres. Nous apprécions tous cette libération.

La ligne est finalement franchie après 43h32. Un résultat en dessous de mes ambitions mais, consolation, qui m'assure provisoirement le leadership de la coupe du monde d'ultra triathlon. Quelques dizaines de minutes de célébration passées sur la ligne d'arrivée avant d'aller nous écrouler pour un repos bien mérité tant pour moi que pour les membres de mon équipe support.

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