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Triple Ultra Triathlon, Lensahn
JUILLET 2012

Retour d'Allemagne avec un sentiment d'inachevé. Une blessure qui m'oblige à l'abandon de course après 11,4 kilomètres de natation, 540 km de vélo et 26 kilomètres de marche à pied (sur les 126 prévus). Deux semaines après la course, l'heure n'est pas aux excuses mais à l'analyse.

En effet, les derniers jours d'avant course ne m'ont pas placé dans les meilleures conditions. Des embarras gastriques, résultant d'un voyage professionnel en Inde la semaine précédente, m'ont durement éprouvé avant même le départ. Les comprimés désinfectants et les gélules de renforcement de la flore intestinale ont seulement produit leurs effets la veille de la course, m'évitant ainsi quelques « arrêts au stand ». C'est donc diminué physiquement et moralement interrogatif que j'abordais l'évènement. J'essaie de n'en rien laisser paraître, ni à mes concurrents, ni à mes coéquipiers. Je sais néanmoins à ce moment que la course sera longue et difficile. Mon temps natation de 3h29 pour les 11,4km est un peu en dessous de mes prévisions de quelques minutes mais reste correct. Je suis quelque peu rassuré tout en sachant que le plus dur reste à venir: enchaîner avec 540km de vélo à un rythme de croisière avant de lâcher mes dernières forces dans le triple marathon ...

Dès les premiers kilomètres, je sens que les jambes ne sont pas là. J'assure mon premier 180km à un petit 30 km/h de moyenne alors que j'avais prévu de faire un gros vélo en partie diurne avant de relâcher quelque peu en nocturne. Pire, je me fais régulièrement déposer par les leaders de course et je n'arrive pas à reprendre les places au classement dans ma discipline de prédilection habituelle. La chaleur m'empêche de m'alimenter correctement. Rien ne passe si ce n'est les boissons énergétiques et quelques bâtonnets de glace. Je sais que je risque payer ce déficit plus tard dans la soirée. Après 6 heures de ce traitement, une petite douleur fait son apparition au mollet. Elle se renforce au fil des tours et m'oblige, comme si j'en avais besoin, à lever le pied. Le second 180 km est bouclé en 7 heures. La chaleur est maintenant tombée. Un arrêt à la tente des kinés (sait-on jamais?) et je m'alimente de nouveau. Cette fois, je peux enfin avaler de vrais aliments solides. Un orage violent s'abat sur Lensahn. L'ensemble des concurrents continue de rouler dans quelques centimètres d'eau. La pluie qui se fait bientôt grêle m'apparait salvatrice après tous ces kilojoules reçues sur le crâne dans la journée. Elle laisse tout au long du parcours une vision assez surréaliste de quelques lampions roulant, balayés de gauche à droite sur la route. J'entre enfin dans mes derniers 180km. Je serre les dents maintenant tant la douleur au mollet est lancinante. J'arrive à pousser encore sur les pédales, mais il m'est maintenant impossible de tirer dessus. Abandonner? Une telle décision ne me rapporterait que 2 points au challenge IUTA. Autant dire, beaucoup d'efforts déjà consentis pour un bien maigre résultat. Mes coéquipiers ressentent mes difficultés et m'enjoignent à continuer, finir la portion vélo et aviser ensuite sur le parcours course à pied. La moyenne continue de chuter inexorablement. Soit, l'objectif est maintenant d'avancer autant que ce peut. Je m'octroie une quarantaine de minutes d'arrêt sous ma tente support. J'y prends un peu de repos avant de repartir à nouveau. Jérôme décide de m'accompagner sur mes derniers tours, tant je semble à la peine. Il offre un tableau assez surréaliste d'un triathlète sur un Time Trial peinant à tenir le rythme d'un cyclotouriste hollandais tant la moyenne est basse. Le dernier 180km est misérablement bouclé en 9 heures mais au moins c'en est maintenant fini du vélo.

Place au test de la course à pied ... Revêtu de neuf, je repars à l'assaut de ce nouveau sommet. Nouvelle rassurante, je peux marcher. Quant à courir, cela m'est malheureusement impossible. Les calculs sont faits. Au rythme d'un quart d'heure au tour, je pourrais éventuellement boucler les 126 km en 24 heures. Quelques tours et puis la fatigue reprend le dessus. Le moral flanche. Je m'arrête, je repars, je m'arrête de nouveau. Je suis épuisé physiquement de tant d'efforts cérébraux. Philippe et Jérôme restent à mes côtés, j'avance maintenant pour eux, cela fait tant d'heures qu'ils me soutiennent dans des conditions de courses peu favorables. Après 20km de marche, je m'effondre et décide (en pleine insconcience de mes moyens) de me reposer quelques heures. Un repos bon pour le mental puisque je me réveille en sursaut tout décidé à en terminer cette fois. Plein de confiance, nous voilà repartis mais force est de constater que malgré tous les efforts que je pourrais encore consentir, je ne franchirai plus la ligne d'arrivée dans les temps limites impartis. La décision est prise. Ce sera un arrêt de course après 26km de marche. De quoi m'assurer une vingtaine de points au challenge IUTA. J'en perdrai ma position de leader provisoire. Resteront encore deux courses à mon programme pour refaire mon classement.

L'immédiat est de maintenant récupérer de cette blessure et de revenir rapidement sur le circuit. Un grand merci à mes coéquipiers du week-end, Jérôme et Philippe, qui m'ont soutenu tout au long de cette rude épreuve. Revanche sera prise pour leur offrir une course en conditions plus favorables. Rendez-vous maintenant en septembre ... 

Diaporama - Compte rendu équipe support

post-scriptum: Dix jours après course, le verdict des examens médicaux est tombé. Une « simple » élongation du jumeau interne, sans lésion artérielle, ni veineuse. Un peu de repos en course à pied et en vélo, agrémenté de soins pourraient donc suffire. Je profite maintenant de quelques jours en montagne pour me ressourcer en famille tout en maintenant un peu d'activité cardiovasculaire: 40 km de natation cette semaine qui compenseront largement le manque d'activité physique. Le rendez-vous pour le Double Iron de Neftenbach en Suisse au début septembre est pour le moment maintenu en attendant le résultat de la reprise réelle dans quelques jours.

 

Retour d'Allemagne avec un sentiment d'inachevé. Une blessure qui m'oblige à l'abandon de course après 11,4 kilomètres de natation, 540 km de vélo et 26 kilomètres de marche à pied (sur les 126 prévus). Deux semaines après la course, l'heure n'est pas aux excuses mais à l'analyse.

En effet, les derniers jours d'avant course ne m'ont pas placé dans les meilleures conditions. Des embarras gastriques, résultant d'un voyage professionnel en Inde la semaine précédente, m'ont durement éprouvé avant même le départ. Les comprimés désinfectants et les gélules de renforcement de la flore intestinale ont seulement produit leurs effets la veille de la course, m'évitant ainsi quelques « arrêts au stand ». C'est donc diminué physiquement et moralement interrogatif que j'abordais l'évènement. J'essaie de n'en rien laisser paraître, ni à mes concurrents, ni à mes coéquipiers. Je sais néanmoins à ce moment que la course sera longue et difficile. Mon temps natation de 3h29 pour les 11,4km est un peu en dessous de mes prévisions de quelques minutes mais reste correct. Je suis quelque peu rassuré tout en sachant que le plus dur reste à venir: enchaîner avec 540km de vélo à un rythme de croisière avant de lâcher mes dernières forces dans le triple marathon ...

Dès les premiers kilomètres, je sens que les jambes ne sont pas là. J'assure mon premier 180km à un petit 30 km/h de moyenne alors que j'avais prévu de faire un gros vélo en partie diurne avant de relâcher quelque peu en nocturne. Pire, je me fais régulièrement déposer par les leaders de course et je n'arrive pas à reprendre les places au classement dans ma discipline de prédilection habituelle. La chaleur m'empêche de m'alimenter correctement. Rien ne passe si ce n'est les boissons énergétiques et quelques bâtonnets de glace. Je sais que je risque payer ce déficit plus tard dans la soirée. Après 6 heures de ce traitement, une petite douleur fait son apparition au mollet. Elle se renforce au fil des tours et m'oblige, comme si j'en avais besoin, à lever le pied. Le second 180 km est bouclé en 7 heures. La chaleur est maintenant tombée. Un arrêt à la tente des kinés (sait-on jamais?) et je m'alimente de nouveau. Cette fois, je peux enfin avaler de vrais aliments solides. Un orage violent s'abat sur Lensahn. L'ensemble des concurrents continue de rouler dans quelques centimètres d'eau. La pluie qui se fait bientôt grêle m'apparait salvatrice après tous ces kilojoules reçues sur le crâne dans la journée. Elle laisse tout au long du parcours une vision assez surréaliste de quelques lampions roulant, balayés de gauche à droite sur la route. J'entre enfin dans mes derniers 180km. Je serre les dents maintenant tant la douleur au mollet est lancinante. J'arrive à pousser encore sur les pédales, mais il m'est maintenant impossible de tirer dessus. Abandonner? Une telle décision ne me rapporterait que 2 points au challenge IUTA. Autant dire, beaucoup d'efforts déjà consentis pour un bien maigre résultat. Mes coéquipiers ressentent mes difficultés et m'enjoignent à continuer, finir la portion vélo et aviser ensuite sur le parcours course à pied. La moyenne continue de chuter inexorablement. Soit, l'objectif est maintenant d'avancer autant que ce peut. Je m'octroie une quarantaine de minutes d'arrêt sous ma tente support. J'y prends un peu de repos avant de repartir à nouveau. Jérôme décide de m'accompagner sur mes derniers tours, tant je semble à la peine. Il offre un tableau assez surréaliste d'un triathlète sur un Time Trial peinant à tenir le rythme d'un cyclotouriste hollandais tant la moyenne est basse. Le dernier 180km est misérablement bouclé en 9 heures mais au moins c'en est maintenant fini du vélo.

Place au test de la course à pied ... Revêtu de neuf, je repars à l'assaut de ce nouveau sommet. Nouvelle rassurante, je peux marcher. Quant à courir, cela m'est malheureusement impossible. Les calculs sont faits. Au rythme d'un quart d'heure au tour, je pourrais éventuellement boucler les 126 km en 24 heures. Quelques tours et puis la fatigue reprend le dessus. Le moral flanche. Je m'arrête, je repars, je m'arrête de nouveau. Je suis épuisé physiquement de tant d'efforts cérébraux. Philippe et Jérôme restent à mes côtés, j'avance maintenant pour eux, cela fait tant d'heures qu'ils me soutiennent dans des conditions de courses peu favorables. Après 20km de marche, je m'effondre et décide (en pleine insconcience de mes moyens) de me reposer quelques heures. Un repos bon pour le mental puisque je me réveille en sursaut tout décidé à en terminer cette fois. Plein de confiance, nous voilà repartis mais force est de constater que malgré tous les efforts que je pourrais encore consentir, je ne franchirai plus la ligne d'arrivée dans les temps limites impartis. La décision est prise. Ce sera un arrêt de course après 26km de marche. De quoi m'assurer une vingtaine de points au challenge IUTA. J'en perdrai ma position de leader provisoire. Resteront encore deux courses à mon programme pour refaire mon classement.

L'immédiat est de maintenant récupérer de cette blessure et de revenir rapidement sur le circuit. Un grand merci à mes coéquipiers du week-end, Jérôme et Philippe, qui m'ont soutenu tout au long de cette rude épreuve. Revanche sera prise pour leur offrir une course en conditions plus favorables. Rendez-vous maintenant en septembre ... 

Diaporama - Compte rendu équipe support - Photos

post-scriptum: Dix jours après course, le verdict des examens médicaux est tombé. Une « simple » élongation du jumeau interne, sans lésion artérielle, ni veineuse. Un peu de repos en course à pied et en vélo, agrémenté de soins pourraient donc suffire. Je profite maintenant de quelques jours en montagne pour me ressourcer en famille tout en maintenant un peu d'activité cardiovasculaire: 40 km de natation cette semaine qui compenseront largement le manque d'activité physique. Le rendez-vous pour le Double Iron de Neftenbach en Suisse au début septembre est pour le moment maintenu en attendant le résultat de la reprise réelle dans quelques jours.

 

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