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Xchallenge - Compte rendu
AOÛT-SEPTEMBRE 2014

Etape 1

Aventure sportive, expérience humaine, gain d’expérience, sentiment d’inachevé, X Bucket Challenge, blessures, force mentale, abnégation, effort, douce folie, nouvelles frontières, Julie Read, Triathlon Team Braine, enfants, équipe support, Justine for Kids, Bikers for Children, souffrance, Ecotrail, endorphines, j...oie, cup cakes, Ken et Barbie, Fripouille, potiron slovène, betterave picarde, spadice francilien, dépassement, para-triathlon, animal, noix de cajou, boucle d’Ophain, Cyclo Club Lillois, troc vélo, chiffres, nombres, Chi-chi’s crétin, sentiments, Santa Klaus, Laponie, Parc du Cinquantenaire, partage, kinésiologie, maître Yoda …

Le X Challenge : 19 jours d’une aventure sportive exceptionnelle doublés d’une expérience humaine unique. Alors que cela fait maintenant plusieurs jours que l’éponge a été jetée, je suis encore porté sur un nuage d’endorphines. Les sentiments se mêlent à une mémoire qui parfois défaille mais le ressenti reste globalement positif. Certes, j’ai failli à mon premier objectif : celui de terminer ce X Challenge. «Seulement» 270 km parcourus en course à pied sur les 844 km prévus, l’expérience est un échec. Un échec car l’objectif reste non atteint. Démesure de l’égo ? Non, car à repousser les frontières il reste logique d’en trouver des limites. A la différence d’un apnéiste s’engageant dans un tunnel sans assez d’air, sans autre choix que de continuer à avancer vers l’inconnu et priant pour qu’il existe une sortie, j’ai fait demi-tour. La raison a pris le pas sur la démesure. Le cerveau a pris le pas sur l’aliénation, il crié stop à un corps défaillant. Le compteur restera donc bridé à 270 en course à pied.
L’arrêt est raisonné, mûrement réfléchi, pesé, argumenté, mentalement préparé et pleinement assumé. Quand je regarde maintenant dans le rétroviseur, je vois 76 kilomètres de natation, 3.600 kilomètres de vélo et 2.700 hectomètres de course à pied. J’y vois un pèlerinage, un chemin parsemé d’embuches, égayé de rencontres, une amitié renforcée, des sentiments forcément exacerbés par des heures d’effort, mais une motivation qui est restée intacte au fil des kilomètres.

L’œuvre caritative et le projet d’envoyer plusieurs enfants malades en Laponie à la rencontre du Père Noël m’auront porté jusqu’au bout (plus de 11.000 euros récoltés : une belle réussite grâce à vos dons). Julie Read m’a aussi beaucoup aidé dans mes moments de doute et de faiblesse. Julie? Julie est certainement ma plus grande admiratrice anglaise. Quand elle a entendu parler du X Challenge, il y a plus d’un an, Julie a décidé d’en couvrir les distances. Julie n’est pas vraiment le morphotype de la femme sportive et je sais qu’elle ne m’en voudra pas de la décrire ainsi. Brasse après brasse, coup de pédale après coup de pédale et un pas à la fois, Julie a réussi le challenge de couvrir ses 76 kilomètres de natation, 3.600 kilomètres de vélo et ses 844 kilomètres de course à pied malgré la détection d’un cancer dans l’année et la chimiothérapie auquel son corps a été soumis. Elle a terminé son challenge en moins de cinquante-deux semaines juste avant mon départ. Julie a été l’une de mes béquilles mentales les plus fortes durant ces 19 jours. Sa force mentale et son abnégation m’ont souvent transcendé dans l’effort, dans mon combat et m’ont porté dans les moments difficiles. Julie est décédée trois jours avant mon départ. Elle disait souvent que j’étais son idole et je lui répondais au contraire que c’était elle qui m’inspirait. Ce X Challenge lui est dédié.

A l’inverse, je n’aurais pas de mots assez qualifiants pour mon Chi-Chi’s crétin. Son comportement idiot et imbécile aura réussi à plomber l’ambiance pour une demi-journée de vélo. Coluche aurait pu dire de lui qu’au championnat du monde de la connerie, il finirait certainement second car il serait encore trop con pour finir premier et Audiard aurait dit de lui que si la connerie était mesurée, il servirait de mètre étalon. N’étant pas forcément en pleine cognition de son état nous pourrons toujours lui accorder le doute du bénéfice ...

Etape 2

Un an de préparation, un an de préparation à l’échec. Dire que ce scénario était écrit à l’avance serait mentir. Mais il faut se rendre à la raison. A danser sur la lame du rasoir, à courir sur un fil, à marcher les yeux fermés sur le faîte d’un toit, à sauter d’un pont sans connaître la longueur exacte de l’élastique, à sortir de sa zone de confort ou à repousser ses limites vers des frontières inexplorées, il vaut mieux anticiper une possible chute. Non je n’ai pas honte de le déclarer : le Did Not Finish est une option. Une option qu’il faut préparer pour mieux repartir. On ne tombe jamais plus bas qu’au fond du trou, reste seulement à amortir sa chute et donc à la prévoir, avoir vérifié à l’avance que son parachute mental est correctement plié dans son sac de saut et que le parachute de secours est bien sanglé. Prévoir pour mieux repartir.

Macro-objectifs et micro-objectifs. Il reste dans tout DNF de petites victoires. Soixante-seize kilomètres de natation, trois mille six cent kilomètres de vélo et deux cent soixante-dix kilomètres de course à pied dans la boite. Pas de regret, je suis allé au bout du possible, obligé de déclarer forfait sur blessure. Certes j’aurais pu pousser un peu plus loin. Grignoter quelques kilomètres supplémentaires. L’appétit demeurait. L’envie de repousser encore un peu plus mon exploration intérieure, découvrir une nouvelle terre inconnue … Une micro-blessure qui par surcompensation en entraîne une seconde, puis une troisième. Gagner quelques kilomètres, mais à quel prix ? Il ne restait plus que cinq cent kilomètres à couvrir, seulement onze marathons sur les vingt prévus. Le plus difficile était derrière. On achève bien les chevaux mais était-ce un spectacle à donner ? Alors la raison doit prendre le pas sur la passion. Cela reste un moment délicat. Frôler la barre et la voir immobile en suspension dans l’air alors qu’elle tombe à la même vitesse que soi. C’est à force de tentatives que les limites sont repoussées. Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir (plus ça rate et plus on a de chances que ça marche) : la dure loi statistique fondamentale de Rouxel.

Il faut donc se résoudre à l’échec sous réserve d’en tirer des enseignements. La vie ne s’arrête pas au X Challenge. C’est juste le goût du piment de la vie. L’aventure a été riche sportivement. Une double traversée de la Manche – certes sans le sel, sans les vagues et sans les supertankers – un tour de France solitaire – sans ses sommets mythiques – une longue sortie course à pied … Le X Challenge restera une victoire.

Douze enfants … Douze enfants hospitalisés au service d’oncologie de l’hôpital Reine Fabiola ont reçu leur billet pour la Laponie à la rencontre du Père Noël. Ce sera la belle victoire, celle à retenir, celle qui vous appartient, celle portée par les bénévoles de l’équipe Justine For Kids et mes équipiers, celle que mes sponsors et mécènes nous ont permis d’offrir et enfin celle qui donne un sens à la démesure des efforts consentis. Merci Pascal, Patrick, Christophe (2), Jag, Pierre, Fabian et Dimitri, Bruno et Andy, Olivier, Rik, Candice, Sergio … Merci Ben et Mél, Marc et Christine, Barbie et Ken, Tanya et Philippe, Catherine, Céline, Marc, Chloé, Valérie, Cédric et à tous les autres qui m’ont accompagné sur quelques kilomètres ou tout simplement soutenu à distance. Merci aux Bikers For Children. Merci Joëlle et André, Justine, Violette. Merci Dan et Tamsin pour l’inspiration. Merci Julie pour la motivation. Merci pour eux, il restera toujours un peu de vous tous dans le X Challenge. Il vous appartient.

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Anonyme : Merci Ghislain et ton équipe, ce Xchallenge sera gravé dans l'histoire de Justine For Kids comme un beau moment où nous sommes restés greffés à nos GSM, Facebook, Emails pour suivre ce merveilleux et incroyable parcours. Les 12 enfants du service d'oncologie sont déjà aux anges et ce n'est rien comparé aux bonheur qu'ils vont avoir en arrivant en Laponie et en serrant Père Noël dans leurs bras pour lui souffler à l'oreille que là-bas dans leur pays en Belgique ils ont aussi une sorte de père noël qui a fait un exploit pour leur mettre des étoiles dans les yeux et leur redonner le sourire.

Christine : Joli récit d'une magnifique aventure, qui m'aura laissée bouche bée devant une telle détermination et un tel dépassement de soi! Et j'ajouterai qu'outre les souvenirs sportifs, je retiendrai l'image d'un être humain très "humain" et il n'y en a pas tant que ça, merci pour ta disponibilité envers diego...Nous suivrons la suite de tes aventures avec enthousiasme et attention....Merci pour tous ces moments où l'on s'est sentis plus vivants